LESPIGNAN doit son étymologie à la villa dun riche colon romain ESPINUS doù LESPIGNAN. La présence romaine est visible de nos jours sur la commune où lon peut voir les vestiges dune riche villa VIVIOS. Tous les objets trouvés lors des fouilles sont conservés au musée de NISSAN. Plus tard LESPIGNAN fut rattaché au fief de Pérignan (Fleury d Aude) gouverné par le Duc de FLEURY. De cette époque, il ne reste que le château (XIVème siècle) dont la tour domine le village. Récemment fut mis au jour un mur qui semble être le dernier vestige des remparts du château, et qui se situe dans la salle des archives communales. Dans les ruelles du village on peut encore voir des fenêtres Renaissance. Nous ne saurions terminer lhistorique du village sans parler des deux églises, toutes deux consacrées au même saint : Saint Pierre aux Liens. Léglise du cimetière datant du XIème siècle (actuellement inscrite dans un plan de restauration), et léglise paroissiale du XIVème siècle dont le chur est une réplique de celui de la Cathédrale de Béziers.
À la fin du XIXème siècle et au début du XXème, lors de la grande pèriode de prospérité de la vigne et du vin, le village s'est agrandi d'une première ceinture alliant de magnifiques maisons de maîtres, des caves alignant fièrement de conséquentes rangées de foudres, des bâtiments plus modestes réunissant logement, écurie et cave avec le traditionnel portail en voûte appelé plus tard portail languedocien. La place des Ecoles a profité de cette pèriode faste.
Le fief de Lespignan ayant été acheté en 1749
par le Duc de Fleury, celui-ci était donc à la fois,
Seigneur de Fleury, Lespignan... et autres lieux. Que l'on juge :
André, Hercule de Rosset, Duc de Fleury, Pair de France,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roy, Chevalier des
Hôpitaux de sa Majesté, Lieutenant Général
des Armées, Gouverneur de la Lorraine et du Barrois,
Gouverneur particulier de la ville et citadelle de Nancy, Gouverneur
d'Aigues Mortes, Sénéchal de Carcassonne,
Béziers et Limoux... Seigneur de Lespignan.
Le 6 juin 1785, il épousa Anne Françoise, Aimée
de Franquetot de Coigny, agée de 15 ans puisqu'elle
était née le 12 octobre 1769. Le Duc de Fleury est
à Versailles ou dans ses garnisons de Lorraine. La Duchesse,
belle, cultivée, ambitieuse, pleine d'esprit, était,
disait Marie-Antoinette, la Reine de Paris.
Ayant rencontré le Duc de Lauzun, âgé de 40 ans,
elle fut vite conquise par cet homme célèbre.
Pendant ce temps le Duc de Fleury se ruinait au jeu et sa femme, elle
aussi assez prodigue, allait jusqu'à mettre ses bijoux en
gage. Bref, le ménage allait à la ruine.
En 1792, la duchesse demande la séparation de bien. En 1793
lorsque le Duc eut émigré, le divorce fut
prononcé.
Lors de la Terreur, elle fut arrêtée et
emprisonnée avec son amant, Monsieur de Montrond. André
Chénier, son voisin de cellule, lui consacra les vers de la
"Jeune Captive" sans qu'aucune liaison n'existât entre
Aimée et lui.
Elle passa sans encombre la Révolution et mourut dans le
dénuement en 1820, après avoir écrit ses
Mémoires et un roman.